Sandra Richard

À propos: Artiste contemporain
 

Depuis 2010, je réalise des vidéo-projections murales dans l’espace urbain qui interrogent la relation intime du corps à son espace.

Mes créations ont été présentées au public lors d’événements comme la Nuit Blanche à Paris, la Fête des Lumières à Lyon ou au MAC/VAL, à Ivry-sur-Seine.

En 2014, j’interromps la vidéo pour me consacrer pleinement au dessin. Mon travail graphique, toujours en lien étroit avec la question architecturale, évoque un état d’entre-deux des choses qui oscille entre construction / déconstruction / reconstruction.

Ma création soulève des questions liés à la mémoire et à la trace, au passage du temps et au corps à travers une dimension à la fois intime et sociale.

Mes dessins sont réalisés à partir d’un remplissage méticuleux et quasi obsessionnel d’une infinité de points qui laisse apparaître une figure, rapport d’échelle Infime / Globale (regard globalisant) .

Baignées dans une grisaille ou bien d’un aspect neigeux, souvent à la lisière de l’abstraction, les paysages flottent dans une sorte de non-lieu et d’absence de repères temporels.

L’aspect partiellement mécanique du processus de création laisse peu de place à l’aléatoire. Mes dessins sont réalisés exclusivement d’après photographies retravaillées. Les contours, préalablement définis, disparaissent au profit d’une gestuelle contrôlée et répétitive offrant un rendu subtil de variations de gris où les contours n’existent plus.

Equilibre fragile entre un mouvement d’apparition indissociable d’une disparition ou d’une possible dissolution, l’épaisseur du temps et un état de flottement constant sont présents. Il s’agit d’un certain type d’architecture bien définit : celle en ruine causée par le temps ou par la guerre, celle des grands ensembles des banlieues françaises ou celle du milieu carcéral, par le système de contrôle du panoptique.

Elles ont toutes en commun leur anonymat et leur sobriété, voir leur utilité fonctionnelle (dans les deux derniers cas). Une mise en lumière de l’exclusion sociale.

Mes dernières créations consistent à perforer directement le papier à l’aiguille.Une dimension haptique apparait : le spectateur « touche par le regard ». Il s’agit ici d’un travail qui révèle la matière même du papier. Il y interroge les gestes potentiels qui démontrent la fragilité d’un état.

C’est également dans une logique d’économie des moyens de création que se pense mon travail. Esthétique minimale, mon oeuvre n’est que le reflet d’un mode de vie plus général. Il devient ainsi une posture éthique. L’art de la précarité relève sans doute profondément de l’abandon. Alors que reste t-il du passé ?

Les figures, les formes semblent sortir d’un bloc de roche,  caractérisée par un usage opulent et tourmenté des matières, des jeux d’ombre et de lumière.

En parallèle à mes recherches graphiques, j’étudie la Musique Electroacoustique au Conservatoire du 20eme à Paris avec le compositeur Gino Favotti depuis 2014. Récemment, mon travail de composition musicale fut présenté en live à la Fondation Louis Vuitton.