Patrice Hamel – Artiste Contemporain Insitu

À propos: Artiste contemporain
 

Patrice Hamel vient de rejoindre Heartinkorporate.Nous sommes heureux de vous présenter cet artiste plasticien, qui élabore ses Répliques, travaux plastiques in situ, depuis 1996.

Il a réalisé un grand nombre d’œuvres d’art public dont certaines sont visibles en permanence à Paris ou dans sa banlieue notamment à la station Stalingrad, la gare du Nord, la Cité des Sciences et de l’Industrie, la médiathèque Persépolis de Saint-Ouen et l’hôpital Charles Foix d’Ivry.

L’une de ces pièces a été installée sur la façade de l’IRCAM à l’occasion de l’anniversaire des trente ans du Centre Pompidou. A plusieurs reprises, des parcours artistiques dans des lieux parisiens, dont le Théâtre du Châtelet et la galerie Site Odéon5, furent consacrés à ses Répliques. S’ajoutant à ces événements, une œuvre monumentale sur le marché St Quentin lui fut commandée par la Ville de Paris pour le projet « Magenta Ephémère ».
A exposé en Espagne, en Suisse et dans de nombreuses villes françaises.
Il est représenté par les galeries Verney-Carron, Galerie S.Mortier et maintenant par Heartinkorporate.

Patrice Hamel a également pratiqué la scénographie, la création lumière et la mise en scène de plusieurs spectacles musicaux, notamment pour « Aventures » et « Nouvelles aventures » de Ligeti et pour « Correspon­dances » opéra co-réalisé avec le compositeur Marc-André Dalbavie et l’écrivain Guy Lelong, créé à la Filature de Mulhouse pour le festival Musica.

Une résidence à l’IRCAM lui a permis de développer sa théorie sur les relations image-musique. Il est aussi écrivain de textes à lectures multiples et théoricien de l’appréhension sensorielle et de la représenta­tion. Son long-métrage, « séduction », a été projeté au festival de Cannes dans le cadre de Perspectives du cinéma français.

Une monographie lui a été consacrée aux éditions mf. Il a publié « au sens propre », texte plurilecturable, aux éditions Jean-Michel Place. Il réalise également des meubles et vient de terminer un roman, « Dans la boucle imparfaite ». Qualifié apte au poste de Maître de conférence par les universités, il enseigne d’abord à l’IRCAM, puis à la FEMIS et aux Université de Paris I et de Marne-la-vallée.
Il est professeur de scénographie à l’ENSATT depuis 1998.

Les Répliques de Patrice Hamel – ces mots disposés dans les lieux d’accueil les plus divers et caractérisés par un travail graphique qui les rend susceptibles d’une double lecture – se sont essentiellement développées dans l’espace public.

Leur travail conduit à effectuer une re­cherche parti­cu­lière sur des suites de lettres permettant la lecture de mots identiques ou différents à partir d’un ensemble de mêmes formes envisagées sous différentes orientations ; considérées sous leur seul aspect graphique, les Répliques sont donc des am­bigrammes.

Si certaines comptent parmi les œuvres con­temporaines les plus connues, puisqu’elles peuvent être vues par tous les passants à Paris et son alentour proche, elles n’ont jamais été répertoriées dans un ouvrage.

Qui n’a pas remarqué au moins les néons rouges se réfléchissant dans les vitres du dernier étage de l’immeuble visibles depuis le métro aérien à la station Stalingrad, ou l’inscription collée sur la verrière de la gare du Nord.

On rencontre les Répliques par hasard, au détour d’une rue, sans savoir de quoi il s’agit.Leurs fonctions paraissent souvent ambiguës, leurs formes ressemblant à des signalétiques un peu étranges, et ne partent pas du principe que l’on sait d’avance à quoi l’on a affaire. Ainsi pour les Répliques, l’art n’est-il pas un préalable mais une conséquence.

Ce n’est pas un emplacement institutionnel, ni la noblesse des matériaux choisis, ni surtout une décision auctoriale, qui décrètent leur caractère artistique mais le résultat d’un travail spécifique fonctionnant sur une prise de conscience des mécanismes en jeu : l’appréhension sensorielle autorisant les doubles lectures, la sémantique issue de ces calculs, les relations vis-à-vis du lieu où elles trouvent place.

Dès leur origine, les Répliques se sont inscrites dans une conception de l’art qui tend à produire des effets de connaissance. Aussi permettent-elles au regardeur de prendre conscience des facultés cognitives qu’elles déclenchent chez lui lorsqu’il se trouve face à elles.
Conçues à partir de leur articulation à l’espace d’accueil, elles exposent leurs fonctionnements et développent une certaine pratique de la réflexivité afin de fournir explicite­ment leurs clés d’appréhension.

Cette réflexivité porte sur des aspects différents. Le sens du ou des mots de chaque Réplique peut référer à son lettrage double, à son implantation, sa situation, au contexte où il prend place, voire être le départ d’un questionnement plus étendu, ces solutions n’étant bien sûr pas exclusives les unes des autres.

Dans ce but, les Répliques s’évertuent à rendre explicites les stratifications sensorielles qui les constituent et à intriquer diverses mo­dalités de représentations simulant parfois des épaisseurs, ou incitant à compléter mentalement certaines formes incomplètes. Elles con­duisent ainsi à la lecture de mots qui de surcroît sont choisis pour dé­signer l’un ou l’autre fonctionnement du dispositif mis en place et faciliter sa compréhension.

Elles s’inscrivent ainsi dans tout un courant de l’art dont les auteurs ont développé leurs travaux en relation avec une réflexion théorique (Daniel Buren : qu’est-ce qu’ex­poser ? Bernard Tschumi : qu’est-ce que l’architecture ? Gérard Grisey : qu’est-ce qu’un son ?) afin de redéfinir leur domaine de compétence.

De manière générale, ces œuvres s’évertuent à rendre explicite leurs mo­da­lités de perception. Ainsi l’observateur est-il amené à être conscient de l’organisation sensorielle et mentale qu’il met à contribution pour constituer les lettres des diffé­rents termes que chaque Réplique met en œuvre à partir d’un même matériau formel. Par ailleurs, les matériaux et les empla­cements sont choisis pour favoriser les points de vue multiples et les réflexions éventuelles.

Autrement dit, il s’agit de lier l’œuvre à son lieu d’accueil, à sa propre signi­fication et à la perception de l’observateur. Cela veut dire que l’œuvre doit être déduite du lieu dans sa plastique (que ce soit par la forme des lettres, les couleurs ou les matériaux) et sa sémantique (le choix des mots est influencé par le contexte).

Aucune Réplique n’est donc autonome, elle dépend du lieu avec lequel elle s’articule, soit parce qu’une partie des mots se réfléchit dans ses parois, soit parce que son emplacement influe sur le sens des lectures multiples qui sont proposées, soit parce que son inté­gra­tion spatiale influe sur le matériau choisi. Parmi les lieux d’accueil que les Répliques publiques sont susceptibles d’investir, les façades des édifices, avec leur vitres ou leurs verrière, sont un élément privilégié.

En complément au film montrant des Répliques réalisées, sont montrés des projets de Répliques en mouvement accrochées aux façades de bâtiments parmi les plus connus de Paris (Statue de la Place de la République, Tour Montparnasse, Théâtre de la Ville, Opéra Bastille, Opéra Garnier, fontaine de la Place Saint-Michel) et visibles sur un téléphone portable par le biais d’une application et d’un code peint au pochoir sur le sol à proximité de ces édifices.